Etre promu « Cadre Dirigeant » sans augmentation de salaire : une fausse bonne nouvelle.
L’approche de
l’employeur est quasiment toujours la même : « Je ne peux pas
t’augmenter (ou te payer plus) mais je vais te nommer cadre dirigeant pour
officialiser ton investissement et ta qualité dans l’entreprise. »
Attention, si
cette qualification flatte l’égo, elle a un vrai sens en droit du travail et
des conséquences désavantageuses sur les droits du salarié.
En effet, les cadres
dirigeants ne sont pas soumis à la législation de
la durée de travail, en d’autres termes, ils ne doivent pas compter leur
temps au service de l’entreprise ni en jours ni en heures.
Le cadre
dirigeant peut donc être amené à travailler tous les jours de la semaine, les
jours fériés, la nuit et le week-end et ce sans aucune compensation financière ou
garantie de respect des amplitudes.
Il ne
bénéficie que des dispositions relatives aux congés annuels, aux congés
maternité ou pour événements familiaux, aux congés non rémunérés et au compte
épargne-temps.
En d’autres
termes, il est taillable et corvéable à merci.
Certes les
cadres dirigeants font souvent partie du conseil d’administration, du comité de
direction (Codir), du comité
exécutif (Comex) ou du conseil de surveillance ce qui leur donne une visibilité
sur la stratégie de l’entreprise mais ce ne sont pas toujours des positions où
ils peuvent réellement intervenir.
Certes ils
ont un titre honorifique.
Mais en fait,
le statut de cadre dirigeant sans un salaire adéquat comporte plus de désavantages que
celui de simple statut CADRE.
C’est la
raison pour laquelle donner le statut de cadre dirigeant à un
salarié n’est pas sans intérêt pour l’employeur…
C’est souvent après la rupture du contrat de travail que les
cadres dirigeants réalisent les conséquences de leur statut particulier.
Bien évidemment, il reste possible de contester ce statut de cadre
dirigeant s’il ne correspond pas à une réalité pratique mais c’est parfois
complexe.
Contester ce statut permettra au salarié de solliciter le paiement
des heures supplémentaires effectuées (pour la période non prescrite), et des
dommages et intérêts compensateurs du repos non accordé.
La
Cour de Cassation rappelle régulièrement que le statut de cadre dirigeant
ne peut être retenu que si les critères posés par l’article L. 3111-2
du code du travail sont remplis soit :
– des
responsabilités dont l’importance implique une grande indépendance dans
l’organisation de son emploi du temps,
– être
habilité à prendre des décisions de façon largement autonome,
– percevoir
une rémunération se situant dans les niveaux les plus élevés pratiqués par
l’entreprise ou son établissement.